Des cliniques privées à but lucratif

« Si vous croyez que tous les Canadiens ont le droit de recevoir des soins de santé convenables,
il faut alors empêcher à des entreprises privées de porter atteinte à l’intégrité de notre système de
santé ou de nuire aux coûts et à la qualité de nos services de santé. »

- Arnold S. Relman, M.D., professeur émérite à la Harvard Medical School et rédacteur en chef émérite du New England Journal of Medicine

LES CHIFFRES

7,2 milliards
de dollars

L’augmentation annuelle des coûts pour les Canadiennes et Canadiens si le pays opte pour un système de soins de santé à but lucratif, selon le Journal de l’Association médicale canadienne.
21 780 $
Le coût pour le remplacement d’une hanche dans une clinique de chirurgie privée en Alberta. Le coût pour la même chirurgie dans un hôpital public : 10 000 $.
50 %
L’augmentation des dépenses en soins de santé privés en Colombie-Britannique entre 2000 et 2005. L’augmentation des dépenses en soins de santé publics n’a été que de 30 %.
250 %
L’augmentation des coûts au cours des dix dernières années, pour une heure dans une salle d’opération de clinique de chirurgie privée.
0
Amélioration dans les listes d’attente pour les traitements contre le cancer, une année après que l’hôpital Sunnybrook en Ontario eut ouvert une clinique de traitement privée au coût de 4 millions de dollars payés par les contribuables. La clinique a été fermée depuis.
2 200
Nombre estimé de morts chaque année si le Canada optait pour des hôpitaux privés à but lucratif.

La privatisation garantit une chose : vous payez plus et recevez moins

Depuis le début des années 90, une nouvelle industrie de cliniques de santé et de services à but lucratif a pris de l’ampleur partout au Canada. Aujourd’hui, les cliniques à but lucratif d’IRM/TDM, les hôpitaux chirurgicaux et les cliniques médicales de type « points de service » livrent des services médicalement nécessaires en parallèle du système universel dans la plupart des régions du Canada. Sous prétexte de vouloir améliorer l’accès aux soins de santé, ces cliniques à but lucratif font la promotion de façon agressive des services qu’elles offrent et mettent ainsi en péril notre régime public et l’accès équitable à des soins de santé pour tous.

Payez plus :

Les frais demandés par les cliniques à but lucratif varient d’une province à l’autre, mais tous sont inabordables pour la plupart des Canadiennes et Canadiens qui ont besoin de soins. Au Québec, où il y a le plus grand nombre de cliniques à but lucratif d’IRM/TDM, les frais varient entre 600 $ et 1 350 $ pour un balayage. Le revenu annuel moyen est d’environ 24 000 $ dans cette province.

Recevez moins :

Les cliniques privées n’aiment pas les clients qui exigent des soins urgents et complexes. En acceptant de réaliser seulement les interventions les plus simples et les plus payantes, les cliniques privées choisissent ce qu’il y a de plus rentable et elles refilent au système public la clientèle à haut risque et plus dispendieuse à soigner.

Payez plus :

L’Ontario paie 474 $ aux hôpitaux publics pour une chirurgie de la cataracte. Les cliniques de chirurgie privées permettent d’éviter les listes d’attente à ceux et celles qui ont les moyens de payer 1 200 $ par oeil pour des lentilles réfringentes. Les cliniques privées facturent également le régime universel pour la même intervention.

Recevez moins :

Les cliniques privées s’installent en milieu urbain où la population est dense et où le bassin de clients fortunés est important. L’accès à des services essentiels est réduit pour les petites communautés et les villages, lorsque les cliniques privées des grandes villes attirent les rares infirmières, médecins, radiologistes et les autres professionnels de la santé.

Payez plus :

Les cliniques médicales de type « points de service » font la promotion d’une médecine d’élite qui offre un accès exclusif aux mieux nantis. En Colombie-Britannique, le prix demandé par la clinique Copeman pour l’accès à son service « élite » est de 3 900 $ la première année et de 2 900 $ pour les années suivantes. Ces cliniques augmentent leurs profits en facturant aussi le système public.

Recevez moins :

Les cliniques privées promettent de réduire les temps d’attente et d’améliorer l’accessibilité au régime public. Mais ces mêmes cliniques sortent les rares spécialistes, infirmières et professionnels de la santé des établissements publics pour soigner des clients plus fortunés. Elles laissent au système public des ressources déficientes et des patients nécessitant plus de soins.

En toile de fond

Les Canadiennes et les Canadiens tiennent à leur système de santé universel et à l’assurance qu’il offre à tous d’obtenir de bons soins de santé médicalement nécessaires, peu importe leur capacité de payer. Ces soins sont menacés par l’érosion du système public et l’arrivée de cliniques médicales et de cliniques de chirurgie et de diagnostic à but lucratif qui augmentent les coûts pour le système privé et pour les patients et qui réduisent l’accessibilité tout en n’améliorant pas les délais d’attente. Lorsque le gouvernement fédéral a réduit les transferts en santé aux provinces dans les années 90, les provinces ont apporté des changements qui ont influencé la façon de rendre les services de santé. Les premières cliniques à but lucratif ont ouvert leurs portes en 1993. Même s’il n’y a pas de recensement de ces établissements, on estime aujourd’hui leur nombre à :

Ces données n’incluent pas les cliniques de chirurgie esthétique et les autres établissements qui offrent des services non médicalement nécessaires. La plupart des cliniques d’IRM/TDM ont vu le jour au cours des 10 dernières années et la plupart des cliniques de chirurgie et des cliniques médicales de type « points de service » sont apparues dans les 5 dernières années.

Augmentation des coûts pour le système public

Les cliniques privées ne réduisent pas les coûts du système public. Au contraire, les coûts augmentent là où les cliniques privées s’installent. Plusieurs cliniques de chirurgie, et plus particulièrement les cliniques de chirurgie privées, trouvent des failles dans la Loi canadienne sur la santé ou encore elles violent cette loi et facturent des interventions médicales essentielles. Certaines combinent des interventions chirurgicales essentielles, par exemple le retrait de cataractes, avec des frais optionnels comme les lentilles réfringentes, et elles facturent le client et le régime public pour la chirurgie.

« Les frais d’établissements » permettent aux cliniques de facturer des sommes allant jusqu’à 5 000 $ en plus du montant qu’elles facturent au système public. Des 42 cliniques à but lucratif d’IRM/TDM au pays, 41 d’entre elles facturent illégalement des frais à leurs clients pour des balayages qui sont médicalement nécessaires.

Les coûts sont beaucoup plus élevés dans les établissements privés que dans les établissements publics. La chirurgie du genou coûte environ 8 000 $ dans le système public, alors que les cliniques de chirurgie privées exigent jusqu’à 18 000 $ pour la même opération.

Réduction de l’accès aux soins de santé

Les cliniques à but lucratif destinées à ceux et celles qui sont capables de payer n’aident en rien la majorité à obtenir un meilleur accès aux soins de santé. Dans les faits, quand les établissements privés siphonnent les rares professionnels de la santé comme les médecins, les infirmières et les technologues, le système public doit composer avec des effectifs réduits.

Les cliniques à but lucratif s’installent dans les quartiers nantis des grandes villes, ce qui rend l’accès aux soins de santé plus difficile pour les habitants des campagnes, des petites villes et des régions plus pauvres.

En ne visant que la crème de la crème, une clientèle composée de patients bien nantis et en meilleure santé nécessitant que des interventions très rentables, les cliniques privées laissent la clientèle à haut risque et les cas lourds au régime public, tout en retirant les effectifs nécessaires pour soigner les patients les plus malades et les plus défavorisés.

Délais d’attente inchangés

Les communautés où le privé occupe une grande place affichent les délais d’attente les plus longs. Statistique Canada a établi que les Montréalais sont ceux qui ont le plus de difficulté à trouver un médecin de famille. Montréal compte un grand nombre de cliniques médicales de type « points de service » qui exigent des tarifs élevés pour des régimes « élite » et une accessibilité privilégiée.

Lorsque l’Ontario a ouvert une clinique d’oncologie privée, les temps d’attente sont demeurés exactement les mêmes après une année d’exploitation et les coûts ont augmenté. Il n’existe aucune preuve que l’arrivée des cliniques à but lucratif améliore les délais d’attente du système public.

Informez-vous, impliquez-vous

Pour des renseignements sur la menace que représentent les soins de santé privatisés à but lucratif pour le système canadien de la santé, consultez : www.medicare.ca

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